Animaux et Compagnies
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Bibliographie


Double bien-être

C de Souza / AFP

 

Le bien-être des animaux représente un concept ancien, mais cependant il constitue une préoccupation actuelle. Aujourd'hui associé à des notions de droits des animaux, il est bien loin de la conception mécaniciste des êtres vivants formalisée par Descartes. […] Broom (1988) considère le bien-être comme étant l'état d'un individu faisant face à son environnement. Le contrôle et le maintien d'une stabilité du corps et de l'esprit sont concomitants de la notion de faire face. Afin d'étudier et d'évaluer le bien-être, il est donc nécessaire de se positionner au carrefour de plusieurs disciplines qui sont la philosophie, la psychologie comparée, l'éthologie (cognitiviste) et la physiologie. Adopter ce point de vue fait émerger de nombreux questionnements : la souffrance d'êtres non-humains a-t-elle de l'importance ? Quelle est l'influence des conditions d'hébergement sur le comportement des animaux ?... Le bien-être peut être physique (bien se porter) mais aussi psychologique (bien se sentir) et les animaux vont agir, ou réagir, dans une situation compromettant cet état. Le bien-être physique est communément associé à une absence de stress, ou tout au moins à l'absence d'un stress excessif. On comprend que la santé physique n'est pas suffisante à elle seule, car un animal en bonne santé peut souffrir mentalement. Il s'agit donc de faire preuve de bon sens en répondant aux besoins comportementaux des animaux et cela même si leurs besoins physiologiques sont satisfaits. L'éthologiste s'intéresse au niveau d'activité (apathie ou hyperactivité) et à l'apparition de comportements anormaux ou stéréotypés. Les indicateurs comportementaux alors utilisés permettent d'évaluer les problèmes d'adaptation rencontrés par l'animal pour faire face à son environnement. Essayer d'appréhender la souffrance c'est aussi attribuer à l'animal des perceptions subjectives, c'est-à-dire des processus cognitifs ou perceptuels complexes qui font intervenir la mémoire et l'attention. Au travers de signes externes, servant d'indices de ce que l'animal éprouve, et en se référant à une expérimentation stricte, la sphère mentale de l'animal peut ainsi être abordée (Delfour & Lassalle, 1996).

 

 

Biologiste de formation, Fabienne Delfour s’est préoccupée du bien-être des animaux de laboratoire et de leurs conditions d’hébergement. Elle a conçu et rédigé un ouvrage traitant de ce sujet.

Elle contribue à une réflexion sur les conditions de bien-être des animaux utilisés en Thérapie Assistée par l’Animal.

 Préoccupée par les questions environnementales, elle a récemment présenté ses réflexions sur l’impact de l’écotourisme sur la faune sauvage dans un colloque international (EAAM).

 


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